Chaque année, des centaines de milliers d’enfants à travers le monde sont victimes d’un ennemi souvent sous-estimé: la pneumonie. Cette infection pulmonaire, parfois banalisée est pourtant l’une des principales causes de mortalité infantile, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
La pneumonie est une infection des poumons, causée par des virus, des bactéries ou plus rarement des champignons. Elle provoque une inflammation des alvéoles pulmonaires qui se remplissent de liquide ou de pus rendant la respiration difficile.
Chez les enfants, dont le système immunitaire est encore en développement, la pneumonie peut évoluer rapidement et gravement.
Les causes les plus fréquentes et symptômes
La pneumonie chez les enfants est principalement d’origine virale : Virus respiratoire syncytial (VRS), grippe, adénovirus, rhinovirus.
Autres facteurs aggravants sont : Malnutrition, exposition à la fumée (tabac ou cuisson au feu de bois), pollution de l’air intérieur, manque de vaccination (notamment contre Hib, la rougeole, le pneumocoque).
Les symptômes varient selon l’âge de l’enfant et la gravité de l’infection, mais les signes les plus courants incluent: Fièvre élevée, toux persistante, respiration rapide et difficile, tirage intercostal (creusement entre les côtes à l’inspiration), sifflements respiratoires, fatigue, irritabilité et difficultés à s’alimenter.
Une réalité quotidienne
Clarisse, mère de deux enfants témoigne: « Mon fils de 3 ans avait une simple toux. En deux jours, il ne mangeait plus et respirait avec difficulté. À l’hôpital, on m’a dit que c’était une pneumonie sévère. J’ai eu très peur. Heureusement avec les antibiotiques et l’oxygène, il s’est rétabli. »
Jean-Marie, infirmier dans un centre de santé rural au Rwanda: « On voit souvent des enfants arriver tard, déjà en détresse respiratoire. Le manque d’accès aux soins précoces aggrave la situation. Certains parents pensent d’abord à un simple rhume ou à un mauvais sort. »
Dr. Diane Nshimiyimana, pédiatre, souligne que la pneumonie tue plus que le paludisme ou la rougeole dans certaines régions: « Pourtant, elle est évitable grâce à la vaccination, à l’allaitement maternel exclusif, à une bonne nutrition et à l’hygiène. Il faut aussi sensibiliser les familles à reconnaître les signes d’alerte. »
Elle insiste sur l’importance du traitement précoce : « Lorsqu’elle est diagnostiquée à temps, la pneumonie se traite efficacement avec des antibiotiques. Dans les cas graves, l’oxygène est vital. »
Environ 700 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de pneumonie dans le monde, soit 1 enfant toutes les 45 secondes. En Afrique subsaharienne, elle est responsable de plus de 20 % des décès infantiles.
Au Rwanda, selon le Ministère de la Santé, la pneumonie représente environ 15 % des consultations pédiatriques et reste une des principales causes d’hospitalisation chez les enfants de moins de 5 ans.
Les enfants non vaccinés contre Hib et le pneumocoque ont six fois plus de risques de développer une pneumonie grave.
AVEC NIKUZE NKUSI Diane
