Rhumatisme: Une douleur silencieuse qui détruit des vies


Dans de nombreuses familles, le mot rhumatisme évoque immédiatement une souffrance lancinante, des articulations raides et une mobilité réduite. Cette maladie, souvent associée à la vieillesse, touche pourtant aussi des adultes jeunes et parfois même des adolescents. Derrière les chiffres médicaux se cachent des vies bouleversées.

Le rhumatisme se manifeste de plusieurs façons, mais la plupart des patients décrivent des douleurs persistantes aux articulations, surtout le matin. Les doigts, les genoux, les chevilles et parfois la colonne vertébrale sont les zones les plus atteintes. Raideurs, gonflements, fatigue chronique et fièvre légère accompagnent fréquemment la maladie.

Je me réveille avec les doigts tellement rigides que je n’arrive pas à boutonner ma chemise”, confie Jeanine, 52 ans, habitante de Kigali. Pour elle, chaque journée commence par une bataille contre son propre corps.

Le rhumatisme n’a pas une seule origine. Il peut être lié à une usure naturelle des articulations (arthrose), à une maladie auto-immune (polyarthrite rhumatoïde) ou encore à des infections et traumatismes anciens. Des facteurs génétiques, l’alimentation et le climat jouent aussi un rôle.

Docteur Emmanuel, explique: “Le rhumatisme n’est pas une fatalité liée à l’âge. Certaines formes apparaissent dès 30 ans. Le système immunitaire peut s’attaquer aux articulations, provoquant une inflammation permanente. Plus on tarde à consulter, plus les dégâts sont irréversibles.

Pour Anastase, 39 ans, ancien maçon, le rhumatisme a brisé son avenir: “J’ai commencé par sentir une douleur au genou, je pensais que c’était une blessure. Aujourd’hui je ne peux plus travailler, mes enfants dépendent de petits emplois de leur mère. C’est une honte de devenir inutile à cet âge.”

Les témoignages se multiplient : perte de travail, isolement social, dépression. Beaucoup de malades se tournent vers les plantes médicinales, faute de moyens pour payer les traitements modernes, souvent coûteux.

Dr. Emmanuel insiste sur l’importance du diagnostic précoce: “Si les patients consultent tôt, on peut ralentir l’évolution de la maladie avec des anti-inflammatoires, des biothérapies ou encore des exercices de kinésithérapie. Mais dans nos hôpitaux, la plupart viennent quand les articulations sont déjà détruites.”

Il appelle à renforcer les campagnes d’information, à former davantage de spécialistes et à rendre accessibles les traitements modernes.

Le rhumatisme reste sous- estimé dans de nombreux pays africains, pourtant il affecte directement la productivité et la qualité de vie. Entre douleurs chroniques, handicap et précarité, il est urgent que cette maladie ne soit plus vue comme une simple fatalité, mais comme un véritable défi médical et social.

 

 

 

AVEC KAYITESI Ange


IZINDI NKURU

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